« Maddy,
ou la fulgurance du vivre »
Maddy est une jeune artiste pleine de ressources…
Ayant fait des études Arts et Lettres, interrompues
par les aléas de l’existence, elle se considère
comme autodidacte.
A ses débuts, la peinture de Maddy était figurative,
petit à petit elle a évolué vers un abstrait
lyrique qui lui laisse toute latitude pour réinventer
sur la toile les sensations qui l’animent…
Peintre instinctive, Maddy use de la technique tactile (les doigts, la main
en lieu et place du pinceau) pour une approche plus personnelle voire sensuelle
de la peinture.
Lorsque Maddy peint c’est son être tout entier qui est sollicité,
tant pour elle peindre est synonyme de geste, d’élan, elle fait
corps avec sa toile, il y a là quelque chose de symbiotique qui souligne
la totale cohérence de l’être et de l’œuvre…
Si elle travaille essentiellement la glycéro, c’est pour dit-elle
pouvoir s’abandonner à ses « impulsions » picturales,
usant de la méthode du dripping cher à Pollock, et ainsi se permettre
toutes les fantaisies stylistiques d’une gestuelle ample et sensitive…
La glycéro, par ailleurs, apporte brillance, fluidité à l’œuvre…
Suffit de s’attarder sur « Last kiss » ou « le
baiser dans la brume » pour déceler combien la texture s’avère
un facteur primordial dans le travail de l’artiste.
Maddy n’est jamais plus à l’aise que sur les grands formats
où elle peut laisser s’exprimer pleinement sa spontanéité et
son goût du mouvement.
L’huile et l’acrylique n’interviennent dans sa peinture que
pour ajouter relief et vivacité des couleurs à la glycéro
qu’elle aime tant travailler.. Il est intéressant ici d’observer
la complémentarité des médiums lorsque l’artiste
qui les utilise le fait à bon escient, ce qui est le cas de Maddy, vous
l’aurez compris.
Car si Maddy est une artiste de l’instant, désireuse de prononcer
la Vie par le truchement des émotions ressenties, elle n’en est
pas moins un être qui quête en filigrane de l’acte créateur
cette empreinte du vécu qui consciemment ou non se juxtapose au désir,
point névralgique de toute œuvre…
A l’art se mêle toujours cette part de vérité qui
désigne l’être dans sa quintessence.
La peinture de Maddy prononce la verticalité de l’existant, la
fulgurance du vivre tout en offrant une compréhension souterraine de
l’âme humaine…
Si Maddy possède déjà une « patte » c’est
parce qu’elle aborde la peinture vierge de toute idée préconçue,
expérimentant ses trouvailles, les améliorant au fil du temps,
attachant une grande importance au traitement de la matière.
Il faut voir « les murs qui saignent » pour saisir toute
la puissance d’une telle artiste… Maddy aime à présenter
sa peinture avec des poèmes et en musique… elle met en scène
sa propre création, se révélant plurielle dans la performance
artistique…
Toute de contemporanéité et de force, l’œuvre de Maddy
est une promesse qui s’offre à nous, regardant…
Sachons l’appréhender comme elle le mérite, pénétrer
son univers sensible où le temps semble alenti, enfin respectueux de
cette humanité qui fait si souvent défaut au quotidien, nous
donnant à espérer encore en l’art et la création…
Gageons que Maddy n’aura de cesse de nous surprendre et de nous enchanter !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Docteur en Histoire de l’Art
Agent d’Art, critique, poète
Directrice de l’ Espace NLB
Et du Moulin des Arts
Présidente fondatrice des Amis de Thalie
Revue littéraire et picturale.