ECHOS  DU  LIMOUSIN

Limoges: la chronique de Jean Marc Lafaye

Histoire de la rue Aigueperse
Il fut une époque où le bon sens populaire dotait les rues de notre bonne ville de noms pour le moins imagés, rappelant l’origine, l’activité ou la destination des dites voies.
Ainsi les Limougeauds, pendant des siècles, s’arrêtèrent rue du Cheval-Blanc à l’auberge du même nom (1), et prennent toujours la « douloureuse » rue Monte -à - Regret », suite logique de la sinistre rue des Prisons.
Partant de la Place de la Motte, ils empruntaient la rue des Fossés, prolongés par les rues Croix - Neuve et Neuve - de - Paris, jusqu'à la place Dauphine, puis, montant la route de Paris (2) ils ne tardaient pas à rencontrer « l’hyménoptère » rue des Fourmis, Aigueperse de nos jours, du nom du ruisseau dont la source se trouve au voisinage du parc des Tuilières .D’aucuns pourraient dire : quel intérêt présente cette bien modeste voie par rapport à ses trépidantes voisines, Chénieux et Garibaldi ? Et pourtant.....
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Du chemin du Crucifix à l'avenue Garibaldi
Dans les premières décennies du 19ème siècle, Limoges voit se confirmer son importante fonction commerciale. Malgré diverses crises du négoce elle reste un centre qui reçoit mes marchandises en provenance de toute la France et en assure la redistribution.
En 1808, Limoges possède des maisons de commerce assurant le roulage avec l’aide de 5000 chariots et 20000 chevaux.
L’essor de l’industrie agit inéluctablement sur l’accroissement de la population et la géographie urbaine. Dès lors la ville « explose » et son relief nécessite des modifications, les échanges commerciaux appellent à l’ouverture de nouvelles voies.
Les liaisons avec le sud de la France seront améliorées grâce à l’ouverture d’un nouveau pont et de son avenue (1). Mais, bien que des travaux colossaux tels que l’abaissement de la place de la Mairie et l’élévation des quais apportent au roulage plus d’aisance, les difficultés importantes liées à la topographie subsisteront ; en effet, le parcours Pont-Neuf / Route de Paris n’est qu’une succession de rampes présentant des déclivités non négligeables, se substituant d’ailleurs au précédent itinéraire Pont Saint - Martial / Route de Paris.
Le 2 janvier 1837, plus d’un an avant l’inauguration du nouveau pont, une lettre signée par cinq propriétaires de terrains rue des Vénitiens, cours de la Garde Nationale (avenue de la Libération), chemin de la Porte Tourny au Crucifix par la Croix de l’Echalier, parvient à l’administration municipale.
Ceux-ci proposaient la cession gratuite du terrain nécessaire à l’ouverture et l’assiette d’une large voie de communication entre le Boulevard du Collège (Georges Perrin) et la Route de Paris au Rond - Point du Crucifix (Place Carnot), qui leur paraît être le complément indispensable pour une circulation cohérente à partir de la mise en service du nouveau pont.....
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Du jardin de Plaisance à la rue Armand Barbès
Au milieu du XIXème siècle, l’accroissement de l’industrie à Limoges, confirmant la nécessité du développement du réseau routier et de l’habitat, va provoquer l’extension de la ville vers le nord, zone d’implantation de nombreuses fabriques.
Le percement de l’avenue du Crucifix ( Ave Garibaldi ) en 1851, l’arrivée du chemin de fer en 1856, seront les points de départ de la « Conquête du Nord. »
Jusqu’en 1825, le quartier qui forme le Champ de Juillet était en nature de terres labourables et de prairies.
Il n’y avait aucune rue ou chemin tracé sur le terrain de la propriété Antignac, où est située l’ouverture de l’actuelle rue Armand Barbés.
Les choses restèrent dans cet état malgré la création du Champ de Juillet en 1831 et des diverses rues qui y aboutirent. La séance du conseil municipal du 26 février 1858, portant sur les travaux d’achèvement et d’embellissement de celui-ci, ne fait aucunement référence à une ouverture quelconque de la rue Armand Barbés.
Ce n’est que postérieurement à cette date que cette dernière fut ouverte en 1865, sous le nom de rue de Plaisance, les terrains provenant du démembrement de la propriété de Plaisance....
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Aperçu d’un règlement de police municipale à Limoges sous Louis XV
C’est au début du 12° siècle qu’apparaît pour la ville du Château de Limoges le terme de « Consuls » alors que deux puissances seigneuriales, le Vicomte et l’abbé de Saint Martial y exercent leurs prérogatives. Ces derniers ne pouvant assurer le devoir de protection – construction et entretien des fortifications - par manque de moyens, celui-ci est dévolu à une organisation communautaire des habitants.
A partir du règne de Charles VII, (1422-1461) l’élection des douze consuls correspondant aux dix cantons du Château et aux « Croissances », la banlieue, a lieu le 7 décembre de chaque année, au cours d’une assemblée générale souveraine.
Le Consulat est aboli une première fois en 1476 par Louis XI, un office de maire créé. La ville réussit en 1484 à faire supprimer cette charge qui sera rétablie... en 1692.
Mais en 1544, le Vicomte « récupère » les droits seigneuriaux au détriment de la ville.
Henri IV réduit encore plus les libertés de la ville en dépouillant le Consulat de sa juridiction criminelle, civile et commerciale....
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Du cimetière des Pénitents Gris au Champ de foire
Il y à 18 siècles la masse imposante de l’amphithéâtre se dressait dans toute sa splendeur et devait amplifier les cris des foules d’Augustoritum lors des jeux du cirque.
A proximité, au nord-ouest, aux abords de la voie de Poitiers s’élevaient les cippes d’une nécropole, celle dite du Petit-Tour.
Le temps fit son œuvre : la nécropole fut oubliée , l’amphithéâtre devint carrière , notamment pour la construction du couvent des Carmes, et connut diverses fortunes , sous la triste dénomination de « creux des Arènes », refuge de miséreux , lieu d’exécutions et de foires diverses.
En 1634, le roi Louis XIII autorisera que s’y tienne la foire du jeudi d’avant les Rameaux.
Nous trouvons dans le bulletin de l’année 1852, de la Société archéologique et Historique du Limousin qu’en « 1665 , les trésoriers des Maréchaux de France de la généralité de Limoges , faisant paver le chemin de Montmailler au-dessus du cimetière des Arènes , firent arracher avec beaucoup de peine , les pierres des fondements de l’amphithéâtre afin d’aplanir le terrain.
On enleva beaucoup de terres devant les marches de l’entrée du cimetière , et on retira plusieurs grands bronzes qu’on jugea dans le temps appartenir à Jules César. On découvrit un souterrain qui allait directement au-dessous du creux des arènes.
En 1718 , les élévations subsistantes sont nivelées et ensevelies sous la promenade d’Orsay....
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Quand Limoges brûlait
Depuis le commencement des temps, le feu à l’instar des langues d’Esope, fut la meilleure et la pire des choses. Objet de culte, chez de nombreux peuples, le feu qui réchauffait et protégeait les hommes se muait par la volonté de ces derniers en instrument de destruction.
Limoges, des invasions du 3ème siècle aux guerres de religion, connut bien des punitions par le feu qui s’ajoutaient aux très nombreux incendies accidentels. Jusqu’à la fin du 18ème siècle, les Limougeauds, faute d’un service public de secours, se trouvaient dans un grand dénuement face à ce fléau.
Dès l’appel du tocsin tous les citoyens étaient invités à prêter secours. Les habitants dont la demeure se trouvait à proximité du sinistre étendaient des linges mouillés sur la façade et la toiture de leurs maisons, lançaient des seaux d’eau sur ces linges qui éteignaient les étincelles au fur et à mesure de leur chute. Jusqu’au sinistre majeur du 15 août 1864, les maisons étaient presque toutes bâties en bois et torchis, les incendies prenaient alors des proportions considérables, réduisant en cendres des rues entières.
Note : par arrêté municipal en date du 30 octobre 1864, le Maire de Limoges, Othon Péconnet, ordonne qu’à l’avenir « toute maison, construction quelconque, habitation, édifiée dans la commune de Limoges, devra avoir au moins la façade principale et les deux murs séparatifs des maisons voisines, construits en pierres ou autres matériaux faisant obstacle à la communication de l’incendie… »
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Le grand incendie du 15 août 1864 au travers de la presse de l’époque
Du Château d’eau antique au parking souterrain, le quartier de la Motte se révèle un pourvoyeur infatigable de l’histoire de notre ville.
Terre de commandement avec la motte vicomtale, il devient de ce fait un lieu d’échanges commerciaux qui ne se démentira jamais, ainsi que le témoin et la victime de bien des événements, heurts et malheurs que connut notre cité.
L’incendie du 15 août 1864 qui le ravagea en grande partie fut son dernier grand fléau.
Nous vous proposons de vivre cette catastrophe « en direct », grâce aux articles du Courrier du Centre portant sur la période du 14 août 1864, annonce de la fête de l’Empereur, au 17 septembre, qui voit la présentation de la société pour la reconstruction du quartier. Des commentaires, fruits de diverses recherches, vous seront également présentés afin d’éclairer certains points du dossier...
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De la place Tourny à la place Jourdan- Petite histoire de grands travaux
Dans les premières décennies du 19ème siècle, Limoges voit se confirmer son importante fonction commerciale.
En 1808, par exemple, notre ville possède des maisons de commerce qui font le roulage avec 5000 chariots et 20.000 chevaux.
Dans la période 1830-1840, le trafic nord-sud et transversal génère d’énormes quantités d’argent. Les denrées sont redistribuées dans un rayon de 200 kilomètres. Limoges est une ville de marchands. Des capitaux s’accumulent, qui s’investissaient dans l’industrie dès le 18ème siècle. En effet, dans la décennie 1770, cinq manufactures de cotonnades, flanelles, et une vingtaine de petites entreprises artisanales, étaient venues s’ajouter à la faïence qui avait fait son apparition en 1735. A côté de ces industries majeures d’autres prospèrent cependant : papeteries, brasseries, fonderies, etc
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Il y a deux siècles à Limoges : du traitement des pauvres et « victimes des dieux »
«Tantôt, lentement il s’éloigne d’un rayon de lumière à un autre : une existence passe, traînant une âme qui la suit comme un enfant délaissé..»
Ce vers du poète japonais Shiro Murano, illustre à mon sens toute la détresse des millions d’êtres qui de par le monde ne doivent leur survie en ce début de 21ème siècle que par l’humiliation de la mendicité. Mais l’ignominie atteint son paroxysme quand l’actualité nous révèle l’exploitation de cette misère humaine, par des individus qui salissent le nom même de l’homme. La Cour des Miracles revient à nous…Interdire la mendicité par la promulgation d’arrêtés de toutes sortes est une chose aisée ; trouver les solutions humainement adéquates afin d’endiguer le fléau, à défaut de l’éradiquer, semble une autre « paire de manches » sans jeu de mots. Nous voyons alors parfois surgir des traitements d’un autre âge
Les Archives Municipales de Limoges possèdent de nombreux documents (Série I 1/124) qui nous éclairent sur le traitement de la mendicité à Limoges, la prise en charge des miséreux, dans la période révolutionnaire et les premières décennies du 19ème siècle. Nous évoquerons, en quelques dizaines de lignes, les travaux entrepris dans ce domaine au niveau national, dans la période considérée. Nous ferons aussi une courte halte en 1833 dans la bonne ville d’Angoulême.
Faisons tout d’abord un bref rappel des siècles passés.etc....
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