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Articles - De la place Tourny à la placeJourdan (2)

DE LA PLACE TOURNY A LA PLACE JOURDAN

Petite histoire de grands travaux
2ème Partie et fin

Depuis 1850, la ville de Limoges se battait bec et ongles pour la venue du Chemin de fer. De délégations à Paris, en adresse au Prince-Président, les vœux limougeauds furent enfin comblés et la gare inaugurée en mai 1856 en l’absence de toute « haute autorité » :

Le Conseil municipal du 7 mai 1856, est très clair à ce sujet :« Les ouvertures de nouveaux chemins de fer se sont tellement multipliées depuis quelque temps, qu’on ne leur donne plus nulle part l’éclat dont on les entourait dans le principe… Toute idée d’inauguration solennelle se trouve ainsi écartée. »Même la cérémonie religieuse ne trouve pas sa place car : « …la gare n’appartient pas à la ville, mais à la Compagnie de Chemin de fer qui a fait déjà bénir sa voie et le matériel roulant. »

Antérieurement, le Conseil municipal du 19 mai 1855 décide de l’ouverture d’une voie afin d’atteindre la gare plus directement que par le cours Bugeaud. Elle sera percée sur l’ancien chemin de la Maison-Dieu, apportant une nouvelle respiration à ce quartier qui, depuis 1830, avec la naissance du Champ de Juillet et du cours Jourdan, puis de ceux de Gay-Lussac, Bugeaud, Vergniaud, repoussait la campagne.

Cette percée se fera selon le projet déposé par la Compagnie de chemin de fer ( il y avait eu trois projets, dont deux de l’Etat.)

L’Etat est chargé de l’exécution des travaux et supportera la dépense de premier établissement, du pavage et des trottoirs. En contrepartie, la ville s’engage de prendre à sa charge l’entretien et l’éclairage de l’avenue projetée, de la classer comme rue de la ville, de contribuer dans la dépense de son établissement pour une somme de 15.000 francs.

Ainsi en 1860, pouvait-on lire dans l’Almanach Limousin : « …La façade principale de la gare des voyageurs à laquelle on arrive par une belle avenue latérale, présente ce caractère de simplicité élégante qui distingue l’architecture moderne… » Celle-ci se borde bientôt de commerces, d’hôtels, de jolies constructions dont un polémiste déclarait qu’elles n’avaient qu’un seul défaut… d’être bâties à Limoges.

L’avenue de la Gare, en fait, est le prolongement de cette réflexion : « Depuis le 16 juin 1856, jour où la fumée de la première locomotive s’élevait en flocons nuageux dans le ciel de l’antique cité des Lémovices, que les temps ont changés. Depuis que le voyageur peut prendre deux rhumes de cerveau, le même jour : au soleil de la place Dauphine (Denis-Dussoubs) et au sommet de la colonne Vendôme… les lenteurs et les tâtonnements vers le progrès ne sont plus les mêmes. »( Almanach Limousin 1861 .)

Remontons cette jeune avenue, et portons nos pas en direction d’une voie qui fait figure d’ancêtre car vieille déjà de quelques 120 ans, l’avenue des Bénédictins , que l’on nomme encore parfois en 1860, allées de Tourny. Il est évident que son grand âge lui fit connaître les caprices des hommes.

Par exemple, en 1815, le maire, Pierre Bourdeau, fit renouveler les ormes qui la bordaient ; plus tard et depuis 1830, on compléta ces plantations à l’aide de peupliers et d’acacias. Ces derniers si l’on en croit les textes : « Avec leurs branches entrelacées, leurs grappes de feuilles d’un vert tendre et velouté formaient sur le chemin des Casseaux le plus charmant berceau qu’on puisse imaginer… »

Mais, progrès oblige, l’ouverture de la voie ferrée amena l’abattage de ces arbres, sauf de deux rangées d’ormes. L’avenue des Bénédictins supporte aussi l’entrée de la gare des marchandises. Elle verra naître sur son flanc, une nouvelle voie, cordon ombilical entre le Château et la Cité, la rue Charles Gide actuelle.

Continuant notre promenade, nous nous trouvons à l’entrée de la rue du Maupas, qui connut bien des vicissitudes pour son envol vers le 21ème siècle.

Cette rue est ancienne par rapport à ses voisines. En effet elle fut ouverte sur un jardin acheté par les consuls en 1736. Nous pouvons la considérer comme « la fille aînée » de la place Tourny

Ce nom de Maupas, « mauvais passage » vient probablement du fait, qu’elle se trouvait bordée sur son côté droit (en allant vers la Cité) des cimetières de Saint-Maurice et de Saint-Pierre avec la chapelle Saint-Martial. Cette dernière sera transformée en chais en 1860.

La rue du Maupas faisait partie de l’itinéraire de la Poste aux chevaux venant de Lyon dès 1770.

Sa proche voisine, la rue Neuve-de-l’Evêché, actuelle rue du 71ème Mobile, est beaucoup plus jeune. Simple chemin de terre sur l’ancien enclos des Cordeliers, elle fait vraisemblablement partie de ces voies qui subissent dans le début du 19ème siècle un « urbanisme sauvage » ( cft dans la même rubrique avec « Histoire de la rue Aigueperse )

En août 1830, le maire François Alluaud, la comprend dans un plan d’alignement qui frappe de nombreuses artères. Elle prendra sa dénomination actuelle le 29 novembre 1889.

°°°°°°

Avant de continuer notre cheminement, retournons-nous en direction de la gare, et portons notre esprit en l’année 1854. En juillet de cette année, le conseil municipal discute sur l’avant-projet du chemin de fer de Limoges à Périgueux. Trois ans et demi plus tard, le 23 novembre 1857, le conseil adresse au ministre des Travaux publics un vœu pour l’exécution raide des travaux :

« Le conseil considérant que pour l’exécution du chemin de fer de Périgueux à Limoges, il est nécessaire de faire pour la traversée de Limoges des travaux importants qui demandent un long délai, que si de nouveaux retards étaient apportés à la réalisation de cette entreprise, la Compagnie d’Orléans se trouverait dans l’impossibilité de remplir ses engagements, ce qui entraînerait une nuisance importante aux intérêts locaux… »« D’un autre côté, il y a utilité à créer à l’approche de l’hiver aux abords des grands centres manufacturiers des ateliers où l’on puisse occuper des ouvriers que l’industrie laisse sans ouvrage… »

Enfin en décembre 1858, commence le travail colossal du tunnel de chemin de fer. D’une longueur totale de 1022 mètres, il est établi en ligne droite. Les 300 premiers mètres sont exécutés à ciel ouvert et remblayés après la construction de la voûte. La tranchée après avoir coupé la place Tourny (Jourdan)dans un tuf solide traverse les anciens étangs des Tanneries, occupe l’emplacement des anciens fossés jusqu’à la place Manigne où elle rencontre le rocher vif qui ne cesse que sous le bâtiment de l’Hôpital ( BFM actuelle ). Le tunnel sera terminé en octobre 1860, laissant notre place Tourny avec un aspect de champ de bataille sur lequel régnait majestueusement le maréchal Jourdan

Antérieurement, par un traité du 16 mai 1859, la Compagnie des Chemins de fer d’Orléans et la ville de Limoges, avaient convenu d’ouvrir sur l’emplacement du tunnel à partir de la place Boucherie ( Wilson ) jusqu'à la place Tourny, un boulevard de 19 mètres de largeur ; en outre les propriétaires riverains de la ligne du tunnel devant être expropriés en totalité, la Compagnie s’engage à céder à la ville les terrains laissés en dehors de la ligne du nouveau boulevard au prix de 10 francs le m2. Le rapport Dumas en date du 15 mai 1860 révèle : « Aujourd’huile terrain est déblayé des constructions qui l’occupaient, et chacun peut apprécier la beauté de la ligne du nouveau boulevard qui sera bientôt livré à la circulation. »Cette nouvelle percée avait définitivement fait disparaître six siècles d’histoire. En effet, à cet emplacement s’élevait depuis 1244 le couvent des Cordeliers dont la façade regardait le couvent des Feuillants. (6)

Sa démolition avait commencé en 1784, les bâtiments vendus à M. Juge de Saint-Martin – (il avait aussi acheté le couvent des Carmes) - qui les revendit à divers particuliers dont entre autres messieurs Pouyat qui y établirent une maison de roulage.

Quelques-uns des bâtiments accessoires bordaient encore la rue du 71ème Mobile en 1883. Le Cercle de l’Union et Turgot s’élevait encore ses dernières années sur l’emplacement principal et de la chapelle depuis 1875.

Ce boulevard fut baptisé dans un premier temps par la population boulevard du Tunnel, puis par décision municipale du 2 mars 1861, boulevard d’Aguesseau. ( à cette même date, la rue des Feuillants était dénommée de Fleurus .)Cette décision fut revue rapidement, car l’année 1862, voit la dénomination de Fleurus attachée au boulevard.

Juste avant cette dénomination nous trouvons dans l’Almanach Limousin de 1862 :

« Le cours d’Aguesseau qui doit son existence au tunnel de chemin de fer est la continuation heureuse des anciens boulevards. »« Cette voie l’une des plus belles de et des plus importantes de la ville découvre la place Tourny, la Gare et les riants coteaux de l’horizon. Il a été pavé avec de larges trottoirs et bordés de candélabres au gaz ; mais il attend encore les constructions particulières sans lesquelles il n’aura jamais que l’aspect d’une grande route. »

Celui-ci avait nécessité d’importants travaux de remblaiements pour le porter au niveau des boulevards du Collège (Georges Périn) et de la Promenade (Louis Blanc) auxquels il se raccordera. A contrario, la rue des Tanneries sera en contrebas. Reste un espace entre les deux voies.

L’occupation de celui-ci fera l’objet dedifférentes propositions, l’édification de bâtiments étant rejetée pour des raisons de salubrité à l’encontre des habitants des rues Palvézy et des Tanneries : « … la condition des habitants de ce quartier aurait peu changé aux grands travaux du passage du tunnel puisque l’espace occupé autrefois par des maisons d’un bien triste aspect il est vrai, serait remplacé par un massif de maisons dans le goût moderne, mais en supprimant une rue dont l’existence est nécessaire à ce quartier pour son assainissement. »

En définitif on y installera un square. Quelques décennies plus tard, les urbanistes auront moins de scrupules…

°°°°°°

Notre promenade n’est point achevée. En effet,jusqu’à présent, nous avons observé, arpenté les rues « filles de la place Tourny », en délaissant quelque peu la place elle-même. Il est temps de nous pencher sur son histoire.

Elle avait pris naissance dans la première moitié du 18ème siècle sous l’égide de l’intendant Louis Aubert de Tourny. Son assiette sera établiesuite à différentes ventes et cessions : vente de plusieurs parties de leur enclos parles Pères Cordeliers (mai1736), cession par les Bayles des Ames du Purgatoire de St Pierre du Queyroix, du cimetière St Paul ( juillet 1738 ).

La place est rectangulaire. Un de ses côtés longe le grand mur du couvent des Feuillants, les autres le chemin de la Maison-Dieu à l’église Saint-Maurice, les Tanneries, l’église et le cloître des Cordeliers.

Faisons un saut dans le temps… Nous surprendrons notre place Tourny en pleine fièvre révolutionnaire le 9 mai 1790 lors de la fête de la Fédération des Gardes Nationales de la Haute-Vienne, puis le 14 juillet de la même année pour la fête de la Fédération.

Devenue place de la Fraternité, le 20 prairial ( 8 juin ) 1794, on y célébrera à l’instigation de la Société Populaire le culte de l’Etre Suprême.

L’entrée dans le 19ème siècle, va lui faire connaître une « effervescence périphérique » ; la décennie 1830-1840, verra la transformation de la place Royale (République)et la création du Champ de Juillet. Le percement de l’avenue du Crucifix (Garibaldi)relie directement la place Tourny à la route de Paris, et celui de l’avenue de la Gare (Charles de Gaulle) dessert aussi ce nouveau pôle de circulation urbaine.

Les années 1860 vont être pour la place Tourny celles « du grand chambardement. » Dans une période où la municipalité se préoccupe plus de la voirie que de l’édification de monuments, elle bénéficie du superbe Hôtel de la Division Militaire, qui sera en fait le responsable de bien des changements, la fixation de son assiette ayant notablement modifié le côté nord.

Le 30 septembre 1860, la place Tourny est en fête : la statue du maréchal Jourdan va être inaugurée (7) . A midi et demi, les autorités civiles, militaires et religieuses, la famille Jourdan, les Médaillés de Sainte-Hélène (8), ainsi que le dernier des vétérans de l’Armée de Sambre et Meuse, encore valide, monsieur Delavacquerie, prennent place dans la tribune d’honneur. Après les allocutions d’usage, la statue, œuvre de M. Elias Robert est révélée au public, qui malgré une pluie tenace est venu fort nombreux. A 18 heures, le théâtre ouvrait ses portes pour un spectacle gratuit. Une retraite aux flambeaux parcourait la ligne des boulevards pour s’achever sur la place.

Après les réjouissances, le travail reprenait ses droits…

En décembre 1860, l’étude de divers projets fait ressortir l’irrégularité de position de la place par rapport à l’avenue des Bénédictins, et dès lors la nécessité de la rectifier pour la rendre parallèle à cette voie. De plus, l’ouverture du boulevard de Fleurus laisse à peu près vacant une partie de la propriété de MM. Pouyat, l’absence de toute construction (dans l’immédiat) sur les terrains voisins appartenant à MM. Romanet et Dumont, donnent au projet de rectification toute son urgence. Cependant les tractations diverses nous mènent à l’année 1862.

MM. Pouyat vendent 792 m2, Dumont, 480 m2 et Romanet, 336 m2. Ce dernier en outre, s’engage à clore sa propriété ayant façade sur la place Tourny par une grille et un portail en fer ou en fonte « d’un modèle élégant » fourni par l’architecte de la ville, de manière à contribuer à l’embellissement de la place.

De plus, nous voyons apparaître l’hôtel Caillaud. Comme M. Romanet, celui-ci doit établir une grille sur la partie de son immeuble qui prendra façade sur la place Tourny rectifiée.

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En-tête d’une facture émise lors de l’incendie du quartier des Arènes, le 15 août 1864.Le propriétaire faisait don de la somme dégagée par les déjeuners servis à des secouristes.( Document en dépôt aux Archives Municipales )

Le café de Turenne sera son proche voisin ( emplacement du Luk-Hôtel ). Le côté ouest en cette fin 1862 est aligné et édifié suivant le projet de l’administration.

Le côté nord a été reculé en sorte que la place est agrandie sur ces deux points.

L’année 1863 est celle de « la cerise sur le gâteau. »

Extrait de l’Almanach Limousin : « …La place Tourny dont le dessin présente un parallélogramme parfait, va être l’objet de travaux d’édilité qui lui donneront un tout autre aspect : de larges promenoirs en bitume formant un carré long à pans coupés vont être posés autour de la statue de Jourdan ; les alignements vont être rectifiés, et un trottoir en bitume courra le long des maisons de cette place, appelée à être un jour la plus belle de Limoges. »

En mars 1863, on pose une grille de « bon aloi » autour de la statue de Jourdan.

Le 2 septembre est adopté le projet d’embellissement portant sur le pavage, l’éclairage et l’absorption des eaux : un vaste rectangle prendra forme au milieu, entouré de vois pavées. La plate-forme centrale sera surélevée par un entablement en pierres de taille ; les eaux seront reçues par des bouches placées sous la bordure de la plate-forme et sous les trottoirs des pourtours.

Quant à l’éclairage, il sera assuré au moyen de candélabres, quatre placés aux pans coupés et deux au milieu des grands côtés, l’un en prolongement de l’axe de la rue d’Isly.

Le chantier tire à sa fin, bien que l’Almanach Limousin pour l’année 1864 rapporte :

« La place Tourny a reçu son troisième ou quatrième labour. Tout fait espérer que ce ne sera point le dernier. L’illustre maréchal qui du haut de son piédestal assiste à tous ces bouleversements semble avoir peine à contenir son impatience. Ah ! s’il pouvait parler ! »

Les années qui suivent, seront celles des constructions de prestige qui contribuent à donner à la place son aspect « respectable. »

Dès 1884, s’élèveront sous la signature de l’architecte Dominique Vergez, les immeubles actuellement occupés par la Société Générale ( au 21 ), avec un agrandissement de Tuillier sur la rue du 71ème Mobile et la Pharmacie de Fleurus.

Vergez continuera son œuvre en 1898 avec l’immeuble du Crédit Mutuel (ex-cinéma Colisée), puis en 1900, aveccelui occupé par le Crédit Lyonnais et le Luk-Hôtel.

Il est probable que des adaptations à partir d’édifices existants ont été réalisés, l’hôtel Caillaud en particulier. Beaucoup de recherches restent à faire en ce sens.

Les autres immeubles de la place ne portent pas de signatures et de dates. Cependant il est vraisemblable qu’ils furent élevés dans cette même période.

En 1881, notre place Tourny prend la dénomination de Jourdan. En 1890, la place Jourdan avec celles de l’Hôtel de Ville, d’Aine et Denis Dussoubs, est place de stationnement des fiacres… en attendant le tramway en novembre 1897

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On distingue au centre de la photo les fiacres attendant le client.Le tramway a fait son apparition. Ils cohabiteront plusieurs années encore.( collection personnelle )

Le 1er octobre 1899, elle assistera à l’inauguration du monument des Mobiles en présence de M. Millerand, ministre du Commerce.

Le 29 décembre 1900, sont inaugurés les grands hôtels Caillaud, Continental et de la Paix.

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Document aimablement communiqué par Mme Pierrette Lévêque

En 1903, un cirque provisoire est élevé sur son sol.Cet établissement accueillera les meetings des ouvriers grévistes lors des évènements de 1905. Transféré en mars 1906, place de la République, il disparaîtra dans un incendie le 27 septembre 1909.

L ’entre-deux guerres, en 1935, laconfrontera aux luttes politiques (9). Enfin, pendant les années noires de l’Occupation, elle verra flotter le sinistre drapeau à croix gammée au balcon de l’Hôtel de la Paix. (10)

En 1963, le Monument aux Morts de la guerre 14/18 est déplacé du Square de la Poste à la place Jourdan.

La boucle est bouclée… Bien des choses restent à dire, à trouver.

Nous espérons cependant avoir levé à nouveau un coin du voile de l’histoire de nos quartiers. Notre Limoges mérite bien quelques efforts de recherches, et comme Jourdan sur son piédestal, soyons vigilants à sa renommée.

***********
NOTES :

( 6 ) Les Cordeliers ou Frères mineurs s’installèrent à leur arrivée à Limoges, en 1221, non loin de l’église St Paul ( haut de l’avenue du Général de Gaulle , à l’emplacement du tunnel ); c’est en 1244 qu’ils s’établirent près des étangs de Palvézy ( boulevard de Fleurus ) . En 1698 il comptait 20 religieux.

La façade de leur chapelle regardait le couvent des Feuillants, dont elle n’était séparée que par la place Jourdan actuelle.

( 7 )A tout seigneur tout honneur : petite biographie du maréchalJourdan.

jourdan_v.jpg(source Internet)

Il naquit à Limoges le 29 avril 1762 au 37 de la rue du Pont Saint Etienne . Son père Roch Jourdan était barbier-chirurgien. A la mort de sa mère deux ans plus tard, il est confié à son oncle l’abbé Laurent Jourdan curé de Beaurecueil près d’Aix en Provence.Celui-ci assurera son éducation jusqu’à l’âge de 15 ans. Il est placé ensuite chez unautre oncle, marchand de tissus à Lejoy près de Lyon,Mais celui-ci n’ayant pas la bonté d’âme de son frère, les mauvais traitements poussent Jean-Baptiste à répondre à l’appel des « insurgeants » d’Amérique. Le 2 avril 1778 il rejoint le régiment d’Auxerrois qui s’illustrera tout au long de la guerre d’indépendance. Réformé pour raison médicale le 26 juin 1784 il quitte l’armée comme simple soldat.

De retour à Limoges il trouve une place comme commis chez un négociant de tissus, monsieur Avanturier.Ses qualités d’honnêteté, de couragejouant, le beau-père de M. Avanturier accorde à Jean-Baptistela main de sa seconde fille Jeanne. Il l’épouse en l’église St Michel le 22 janvier 1788.En 1789 il est établi rue des Taules ( partie haute de la rue J. Jaurès) comme mercier. Rapidement, il s’inscrit aux Amis de la Constitution proche des Jacobins.Puis, son passé militairele fait nommer capitaine de la Garde Nationale. En 1791, à la formation des Bataillons de Volontaires , la Haute-Vienne fournit deux bataillons. Jourdan se voit confier le commandement du second avec le grade de lieutenant-colonel. Nommé général de brigade en mai 1793, puis général de division en juillet, ses succès à la tête de sa division le font remarquer de Carnot qui le place au commandement de l’Armée du Nord. Le 16 octobre 1793, c’est la victoire de Wattignies.Mais Jourdan est prudent dans son commandement, ce qui passe en ce début 1794 pour de la faiblesse aux yeux du Comité de Salut Public, enclin à envoyer à l’échafaud tout général suspect. Grâce à Carnot il échappe au « rasoir national » mais est relevé de ses fonctions. Il retrouve sa boutique limougeaude … pour très, trèspeu de temps… Le 10 mars 1794 il prend le commandement de l’armée de la Moselle ( qui deviendra en juin 1795, l’Arméede Sambre-et-Meuse )enremplacement de Hoche. Le 26juin 1794 ( 8 messidor An 2 ) il défait les coaliséslors de la mémorable bataille de Fleurus délivrant par contre-coup toutes les frontières du nord. Poursuivant sa poussée, il est victorieux à Aldenhoven (2 octobre) et s’empare deCologne, Coblence, Maestricht et Düsseldorf.Elu en 1797 au Conseildes Cinq-Cents par le département de la Haute-Vienne, il en sera deux fois président. Le 5 septembre 1798 il fait voter la loi sur la conscription.Sa condamnation du coup d’état du 18 Brumaire entraîne son exclusion du corps législatif. Ambassadeur en 1801 puis Conseiller d’Etat en 1802, il deviendra général en chef de l ‘armée d’Italie en 1804-1805. Il sera nommé Maréchal lors de la première promotion du 19 mai 1804.Il accompagnera en Espagne le roi Joseph dont il sera le conseiller militaire et gouverneur de Madrid ( juillet 1811 ). Mais battu par Wellington à Vittoria le 21 juin 1813,il rentre en France.

A la chute de l’Empire, il est cependant confirmé dans le commandement de la 15ème Division Militaire. Sous le seconde Restauration il obtiendra le titre de comte, un siège à la Chambre des Pairs.

Pressenti pour présider le conseil de guerre qui doit juger le maréchal Ney (exécuté le 7 décembre 1815) il a le courage de se déclarer incompétent. Il finira sa carrière comme gouverneur des Invalides ( août 1830).

A sa mort, le 23 novembre 1833 il est inhumé dans le caveau des Gouverneurs.( 8 )Qu'est ce que la Médaille de Sainte-Hélène ?

Elle fut créée en 1857 par Napoléon III.On considère qu'environ 405 000 soldats de la Grande Armée de Napoléon ( français, belges, danois, irlandais, etc.. )reçurent cette distinction.Les chiffres sont approximatifs du fait de la disparition de ces archives dans un incendie en 1871. Tous les récipiendaires ont dû prouver leur appartenance à la Grande Armée dans une période comprise entre 1792 et 1815.

( 9 )Le 14 juillet 1935, un défilé des Croix de feu, mouvement d’extrême droite, provoqua une bagarre avec l’opposition de gauche place Jourdan.Le 16 novembre à l’Ecole de dressage ( quartier Beaupeyrat), une réunion de ces mêmes Croix de feu se terminera de façon encore plus violente. Des coups de feu furent tirés, avec des blessés dans les deux camps.
( 10 ) Ce fut le siège de la Kommandantur à partir du 1er novembre 1942.
Sources principales :
Décisions du Conseil municipal pour toute la période considérée, en dépôt aux Archives municipales.
Almanach Limousin années 1850 à 1870 en dépôt à la BFM.
Bulletin n° 10 de Renaissance du Vieux Limoges. (collection personnelle)
Les Fontaines,par Jean Levet –( 1987- A la découverte du Limoges ancien ) BFM- archives municipales.
Le Club des Jacobins de Limoges de Fray-Fournier( 1903) ( collection personnelle )
Limoges, naissance et croissance par Georges Veyrinaud(1994) éditions La Veytizou.
Internet, pour une partie de la biographie de Jourdan.
Limoges d’après ses anciens plans par Paul Ducourtieux ( réédition de l’ouvrage de 1883 ( 1996 -éditions de la tour Gile )
Histoire de Limoges, ouvrage collectif ( 1989- éditions Privat )


Date de création : 03/05/2007 - 17:18
Dernière modification : 18/09/2007 - 19:23
Catégorie : Articles


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