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Articles - Bref aperçu sur la mode et l'éducation des limougeaudes au XVIIIème siècle

Bref aperçu sur la mode et l'éducation des limougeaudes au XVIIIème siècle

En notre 21ème siècle, la religion de la mode prend de plus en plus d'ampleur, et ses grandes prêtresses, Laetitia, Adriana et autres Claudia, mettent le paraître en position dominante par rapport à l'esprit.

Ce dernier ne faisait point défaut à Emilie du Chatelet ( 1706-1749), mathématicienne, philosophe et amie de Voltaire. Elle avait parfois la dent aussi dure que son illustre amant, comme le prouve ce mot féroce :<< Les femmes nulles suivent la mode, les prétentieuses l'exagèrent, mais les femmes de goût pactisent agréablement avec elle.>>. Madame du Chatelet évoluait évidemment dans un monde bien différent de celui de la société limougeaude de son époque. Cependant les élégantes de notre bonne ville qui fréquentaient la promenade d'Orsay (1) n'étaient point ignorantes de la dernière mode en vigueur, et l'excentricité y avait aussi sa place.Jacques-Joseph Juge de St Martin ( 1743-1825) membre d'une des plus anciennes familles de la grande bourgeoisie de Limoges, et grand érudit s'il en est, nous a laissé dans un de ses ouvrages paru en 1817" Changemens survenus dans les mœurs des habitans de Limoges depuis une cinquantaine d'années" des témoignages en ce domaine.Il est bien évident que les femmes du peuple n'avaient guère de dilemme en la matière : bien souvent, une robe râpée était retournée et servait encore quelques années.Presque toutes les femmes portaient des capotes qui les couvraient de la tête de pieds. costume économique, fait d'étoffe légère, taffetas, étamine ou camelot (étoffe de laine mêlée de poils de chèvre, sans grande valeur), La commodité de l'habit était de mise pour les femmes actives. Mais le vêtement de celles qui voulaient briller était << aussi bizarre qu'incommode>> pour notre chroniqueur : " des paniers larges de plus d'une aune ( 1m20 ) des manchettes à trois rangs, un petit mantelet de taffetas noir, un gros chignon poudré, une coiffe en carcasse, et des souliers à talon haut "Les jeunes filles de la "bonne société" n'avaient point le loisir de jouer les coquettes, la modestie de leur tenue était la règle, et une surveillance de tous les instants devaient amener sans dommages ces demoiselles au mariage. Cependant, pères et mères, souhaitant une union la plus avantageuse possible, avaient le préjugé de modifier quelque peu la silhouette de leur progéniture au moyen de corset qui non content d'étouffer la pauvresse, la forçait à porter la tête en avant.Pour corriger ce défaut, on utilisait un collier de fer recouvert de velours noir dont l'arrière appuyait sur le corset et forçait la tête à se tenir en arrière." C'était un spectacle singulier de voir autour d'une mère de famille quatre ou cinq demoiselles, toutes jolies, droites comme des piquets, obligées de lever les bras pour devoir tricoter , et ne répondant que par monosyllabes; il faut avouer qu'une pareille contrainte était bien faite pour inspirer l'envie d'en voir la fin"( d'autant plus que la parcimonie dans le domaine vestimentaire cessait à l'époque du mariage ). Pour conclure, je citerais les propos d'un rédacteur de l'almanach Limousin de 1860, propos qui dans le fond n'ont pas pris une ride : << Nous subissons le despotisme de la mode: plus elle sera excentrique, bizarre, plus vite nous l'adopterons. Aujourd'hui les habits n'ont plus de basques, les manches sont à gigot; c'est parfait. Mais demain les basques auront repoussé, les manches redevenues étroites ... Sous peine d'être retranchés du monde et montrés du doigt, il faudra nous empresser de souscrire à cette nouvelle exigence. En vain nos sabotiers ont inventé le sabot-socque, qui ne diffère du soulier que par la semelle; de cinq sous on l'a mis à cinq francs, rien n'y a fait; nous aimons mieux nous enrhumer en hiver avec des bottines vernies, que de porter la seule chaussure qui convienne à notre climat pluvieux. C'est la mode ! >>

Jean-Marc Lafaye

(1) Les Limougeauds aimaient se promener dans le cimetière des Arènes qui s’élevait à l’emplacement actuel de la gare des trolleybus, place Winston Churchill. Molière en témoigne dans sa pièce Monsieur de Pourceaugnac : ÉRASTE: Le voilà. Nous allions le plus souvent ensemble chez lui nous réjouir. Comment est-ce que vous nommez à Limoges ce lieu où l'on se promène?
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC: Le cimetière des Arènes ?.

Après l’ensevelissement des restes de l’amphithéâtre romain ( administration de l’intendant Boucher d’Orsay) , naîtra en 1730 ce que l’on nommait à l’époque, la place d’Orsay.


Date de création : 03/05/2007 - 18:33
Dernière modification : 18/09/2007 - 19:24
Catégorie : Articles


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