librellule
Qui se relève n'est plus tombé
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Sujet : Gertrude chez le dentiste,
Ajouté le : 19/04/2008 20:56
Message :
Ou le petit théâtre de libreverset,
Décor: Un salon de dentiste zen
Personnages:
le dentiste
Gertrude
L'assistante du dentiste
Libreverset
ACTE 1
L'assistante fait rentrer Gertrude et Libreverset dans le cabinet dentaire, et fait allonger Gertrude. Puis elle sort et revient avec une mine de conspiratrice. S'adressant à Libreverset:
-Veuillez-me suivre, le dentiste souhaite vous voir en aparté.
Libreverset, fébrile, se lève d'un bond et pense:
Je le savais , je l'ai vampé la dernière fois. Il a des beaux yeux et un corps très sportif.
Le dentiste:
-Vous vous occupez de Gertrude. je souhaite vous entendre.
Libreverset, un peu déçue, mais sans plus. (Encore un qui n'a aucun goût!)
-Gertrude se plaint de son appareil depuis la dernière réparation et bave beaucoup sur la moquette-(C'est Libreverset qui nettoie!)-J'ai bien conscience que ses enfants n'aient pas envie de lui faire faire un nouvel appareil, mais....
Le dentiste:
-Il y en aurait effectivement pour 10000 francs. je pense que vous comprenez.
Libreverset en elle-même (Veut-il me dire que tout ceci ne me regarde point)
-Oui, je comprends, et je sais qu'elle a des idées fixes et harcèle parfois ses enfants, mais est-ce une raison pour la négliger?
Le dentiste
-Attention, nous sommes lucides tout- de- même tous les deux. Vous me comprenez!
Libreverset (mais de quoi y'm'cause là!)
-Rassurez-vous! je ne vais pas appeler la police. Je me doute bien qu'un parent comme Gertrude est une lourde charge (et pour elle donc!)
Le dentiste:
-Nous sommes d'accord. Il se lève et invite Libreverset à retourner auprès de Gertrude.
Il lui resserre son appareil qui la gênait et dont elle se plaignait régulièrement, regarde Libreverset dans les yeux (Encoooooore!) et lui dit, devant Gertrude:
-Sincèrement et de vous à moi, si vous pensiez vieillir dans cet état, que feriez-vous?
Si Gertrude avait compris, je, pardon! Libreverset lui aurait mis illico son poing dans la tronche, mais Gertrude n'a pas compris!
-j'irais en Suisse? (c'est con comme réponse! Une Gertrude ne décide plus de rien du tout!)
Il repose la question à sa secrétaire qui a toujours dit pareil que lui, d'autant plus qu'il y a des chances pour qu'elle soit amoureuse, et qu'il s'en passe des choses dans les recoins obscurs, comme dans les films.
-Nous sommes bien d'accord. Elle vous fait travailler, elle me fait travailler, et rien ne vous prouve que ses enfants puissent l'aider à payer une institution ou qu'elle-même le puisse.
Ben voyons, songe Libreverset.
-Combien dépensent-ils et combien de temps passez-vous chez elle?
Libreverset lui répond, et lui ne dit plus rien. ça lui a cloué le bec mais pas longtemps.
-Vous avez du travail grâce à eux en tout cas.
Libreverset qui n'a pas assez de répartie pense qu'elle en ferait bien un autre de travail, et qu'il gagne bien plus à faire semblant de lui soigner les dents qu'elle à ramasser ses liquides et ses solides, à lui soigner ses ulcères, à lui déboucher les oreilles, à la faire marcher, à faire tout ce dont ses enfants ne supportent plus de faire, à la supporter tout simplement, et ce , pour un salaire modique.
-Ne pensez-vous pas que si elle faisait un malaise là, enfin, non, plutôt dans la rue
Ben voyons! merci pour Libreverset qui doit veiller à la ramener en bon état!
Le problème, c'est que Gertrude ne veut pas du tout, elle, faire un malaise ou mourir, qu'elle aime encore rire même si c'est rare, qu'elle apprécie encore les crêpes! Et qu'elle est heureuse de voir grandir un peu ses petits enfants.
-Ne pensez-vous pas qu'un notaire devrait recueillir les demandes des personnes qui souhaiteraient partir avant d'arriver dans cet état? Il la regarde très amoureux. Enfin, elle y a cru Un centième de seconde!
-Ben, oui. C'est une bonne idée!
Elle songe (Mais on peut sauter du beffroi de la gare, ou du deuxième étage de la tour Eiffel pour être sûre de ne pas se rater, Où.... Evidemment, quand on veut donner ses organes, ce n'est pas l'idéal! Sur le fond oui, mais dans la pratique!
Comment décider du moment ou la personne souhaiterait mourir si elle a perdu la boule? A quel état de dépendance? Qui déciderait et pour qui?
Libreverset se rappelle des discours entendus dans sa propre famille, éliminer les handicapés par exemple. Depuis qu'ils ont une petite-fille handicapée, ils se sont un peu calmés d'ailleurs. Ils voient les choses différemment.
Libreverset est pour l'euthanasie, oui, mais uniquement décidée par des personnes complètement conscientes et pour elles-mêmes,et quand leurs souffrances ne peuvent être soulagées, sinon, ou va -t'on?
Gertrude n'a toujours rien compris, et le dentiste s'en doutait. Si elle avait compris, Libreverset lui aurait mis son poing dans la tronche. Libreverset aurait préféré que Gertude ait compris...
En sortant, Gertrude regarde Libreverset et lui chuchote à l'oreille:
-S'il est gentil! ce docteur. C'est le seul qui me fait la bise quand j'arrive et quand je repars.
libre bulle
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